Découvrez la restauration d’une table

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Je vais vous montrer quelques étapes de mon travail : la restauration d’un meuble.

Lors d’un RDV avec mes clients, nous voyons ensemble le travail à réaliser.

Une fois à l’atelier, je démonte le meuble, sur la photo il s’agit d’une table, chaque pièce est identifiée.


L’organisation est cruciale dans une restauration de mobilier pour conserver l’ensemble des pièces existantes, qui sont parfois très petites, et indispensables à l’assemblage du meuble.


L’observation est très importante dans mon métier.

A l’œil, je vérifie s’il y a des défauts, le sens des veines, je réfléchis à comment je vais travailler la pièce.


Je vérifie l’équerrage de ma pièce. C’est à dire que tous les angles soient à 90 degrés, sinon je rectifie avec une dégauchisseuse qui sert à enlever le « gauche » d’une pièce, c’est-à-dire à réaliser une surface plane et droite.

Cette étape est importante pour avoir une bonne base pour la suite de la restauration, qui serait plus compliquée, et c’est l’ensemble de la carcasse du meuble qui pourrait être en faux équerre.


Affiloir, râpe et ciseaux à bois sont des outils utilisés dans la restauration de mobilier.

Ce sont des outils importants dans mon métier, ils demandent une grande attention dans leur utilisation et un affûtage précis, dont on vérifie la qualité avec les sensations d’utilisation, et par le toucher.


Les scies à araser servent à couper une pièce de bois en longueur, c’est-à-dire en travers fil, autrement dit à la perpendiculaire des veines (fil du bois).

Ces outils demandent une prise en main ferme et souple à la fois, pour sentir correctement le bois, ce geste s’acquière avec l’expérience.


Je rabote une pièce du meuble, plus précisément une coulisse de tiroir (pièce servant de support au tiroir). Cette pièce était fortement usée, j’ai rajouté une pièce neuve sur la coulisse, en la collant. Une fois sèche, je l’affleure avec un rabot, c’est-à-dire j’enlève tout le surplus de bois pour qu’elle soit à la bonne taille.


Un rabot, appelé aussi une demie-varlope, me sert à raboter les pièces de bois en les travaillant dans le sens du fil, en enlevant de la matière.

Je vérifie au toucher le bon affleurage, il ne doit pas y avoir de décalage de niveaux quand je passe mes doigts sur les pièces assemblées.


Dans mon métier, j’utilise mes sens à chaque instant, cela me donne des repères importants : l’odeur du bois quand je le travaille, l’ouïe qui me guide dans l’utilisation de mes outils, le toucher et la vue qui me servent à contrôler la qualité de mon travail.


J’affine le travail réalisé avec un racloir, qui est l’équivalent du papier de verre, et plus approprié au travail de restauration d’un meuble, car le but est d’utiliser un maximum d’outillage existant à l’époque de fabrication du meuble, afin d’avoir un rendu similaire à ce qu’aurait fait un artisan à l’époque.


Je veux conserver l’état d’esprit du meuble dans lequel il a été conçu.


J’affûte mon racloir avec un affiloir, pour qu’il coupe correctement, ça me permet de faire du bon travail.


Je trace un trait sur une pièce de bois, afin de préparer le travail à réaliser, cela me sert de repère.


Sur cette table, les pieds étaient usés, raccourcis plusieurs fois sommairement.
Pour la remettre à une hauteur classique de 75cm, j’ai greffé des pièces neuves.
Pour réaliser ces pièces, sections de bois carrées, je n’avais pas de plateau assez épais alors j’ai fait un collage, je l’ai réalisé en cinq parties afin de limiter le travail du bois de cette pièce.
Chaque étape de restauration nécessite de la réflexion pour utiliser la technique la plus appropriée, en fonction de l’existant, du résultat attendu et des solutions possibles.
Par exemple, l’avantage de ce collage est que les joints sont invisibles car ils sont dans les angles, vu que les pièces sont assemblées à 45 degrés.
Pour restaurer un meuble, je réalise des calculs, des croquis, des essais, cette spécialité de l’ébénisterie d’art demande du temps et une bonne maîtrise des techniques.

Une fois l’ensemble de la restauration réalisée j’assemble le meuble, je réalise une finition et je le rapporte aux clients qui le redécouvrent.

Le pied de la table, une fois restauré
La table restaurée

Chaque restauration est unique, elle se fait en préservant autant que possible l’existant, en s’approchant au plus près de la méthode de fabrication d’époque.